Décorréler l'économie des ressources non-renouvelables

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Marion King Hubert a été le pionnier de la théorie du "peak oil" (en anglais) ou Pic de Hubert a publié son étude en 1956:

Page 22, figure 21, pour les USA uniquement, il montre un pic de production entre 1960 et 1965, alors qu'il s'est effectivement produit en 1970. La prédiction était donc plutôt bonne.

Sur cette même page 22, figure 20, il montre le pic mondial pour 2000. Les spécialistes estiment aujourd'hui que le pic mondial a soit déjà été atteint soit qu'on l'atteindra vers 2020. Dans tous les cas cela valide la théorie de Hubbert.

Pour comprendre pourquoi la théorie de Hubbert fonctionne il est important de constater qu'elle tient compte non seulement des réserves connues mais aussi les réserves qui restent à découvrir. En effet statistiquement, les ressources non-découvertes peuvent être déduites des ressources découvertes ainsi que de la courbe de production passée.
En 2012, les surplus de capacité de production de pétrole pourraient disparaître entièrement, et dès 2015, le déficit de production pourrait être proche de 10 millions de barils par jour

Aujourd'hui le spectre d'une nouvelle récession permet d'envisager de repousser un peu ces échéances, mais ce ne serait que reculer pour mieux sauter. Dès que la croissance reprendrait, les surplus disparaîtraient et le déficit de production viendrait réguler (à la baisse) la croissance mondiale. Cela n'empêchera peut-être pas certains pays émergents d'être en croissance, mais les pays développés devront compenser ce déficit de croissance mondiale par une décroissance locale.

Dans l'article précédent, j'avais considéré toutes les ressources non-renouvelables, et pas uniquement les énergies fossiles. Toutes les études récentes montrent une claire diminution de toutes les ressources dont notre économie mondiale se nourrit: pétrole, gaz, charbon, eau potable, phosphates, micro et macro-nutriments des sols, terres arables, forêts, ressource halieutique, cuivre, platine, etc. En effet la théorie du pic de Hubbert s'applique à toutes les ressources, y compris les ressources renouvelables lorsqu'elles sont surexploitées comme c'est le cas par exemple de l'eau douce, des terres arables et de la ressource halieutique.

Toutes ces ressources sans exception sont en baisse accélérée à cause des effets conjugués d'une part de la hausse de la population mondiale et d'autre part du développement dont le signe le plus tangible est la croissance mondiale, qui bien qu'elle soit en baisse depuis 1965, est toujours positive.

En fait il n'existe pas aujourd'hui une seule ressource non-renouvelable qui ne soit pas en déclin accéléré.

L'autre problème est l'interdépendance entre ces ressources. Lorsque les ressources en pétrole diminuent, l'extraction de charbon ou de gaz doit augmenter pour compenser à un coût supérieur (pour un contenu énergétique équivalent). Le coût de l'eau douce pour l'agriculture ou potable augmente aussi à mesure que les coûts énergétiques augmentent et que les nappes phréatiques sont soit polluées soit baissent. Les procédés comme la désalination ou la dépollution par distillation ou l'osmose inverse sont en effet très demandeurs en énergie. La diminution des réserves de phosphates utilisés dans les engrais entraîne une baisse des rendements et/ou une augmentation du coût de production agricoles. Les "bio"-carburants entrent en compétition avec la production alimentaire en occupant les terres arables utilisée avant pour la production alimentaire, nécessitant l'abattement de toujours plus de forêts, même si ce n'est pas forcément dans le même pays. La baisse de la ressource halieutique dont 70% de la population mondiale se nourrissait, entraîne une pression supplémentaire sur les terres arables. Toutes les ressources ou presque sont donc interdépendantes.

Notre modèle économique, hérité de la révolution industrielle est étroitement lié à ces ressources non-renouvelables. La plus récente récession de 2009, montre clairement une baisse de consommation de pétrole et la reprise de 2010 s'est accompagnée d'une hausse de la consommation de pétrole et autres ressources.

Cette interdépendance montre que la baisse des réserves et la baisse de croissance de production interdit désormais une croissance future durable à moins de décorréler croissance et ressources non-renouvelables. Cette décorrélation est la seule solution pour mettre en échec l'implacable réalité des pics de Hubbert qui frappent toutes ressources non-renouvelables mais aussi les ressources qui se renouvellent à un rythme inférieur à notre consommation actuelle.

Il est aussi singulier de noter que les dettes souveraines ont augmentées à partir des années 70, comme par hasard après que la croissance mondiale est commencée à baisser vers 1965. Ces dettes sont en fait venues compenser artificiellement une croissance qui aurait du baisser beaucoup plus rapidement.

Nous vivons donc sous perfusion depuis 1970. La rigueur budgétaire, tout à fait souhaitable, pourrait permettre de corriger cette aberration si une croissance mondiale était possible. Cependant, sans perfusions souveraines, la diminution des ressources et leur augmentation de coût va se faire pleinement sentir. La première conséquence sera au mieux une très faible croissance économique mondiale, mais plus probablement une décroissance plus ou moins sévère. La conséquence sera une recette fiscale faible et un maintient des déficits menant inévitablement à une autre crise des dettes. La rigueur budgétaire si elle ne s'accompagne pas d'une rigueur sur la gestion des ressources est illusoire pour nous sortir durable de l'Hypercrise.

Affin de sortir de ce cercle infernal, il est donc indispensable de décorréler notre économie des ressources non-renouvelables. La bonne nouvelle est que cela a déjà commencer mais il va falloir accélérer très sérieusement le rythme d'adoption des énergies renouvelables pour franchir la période difficile pendant laquelle les ressources non-renouvelables seront insuffisantes pour soutenir la croissance mondiale.

Ceux qui encore aujourd'hui prétendent que les énergies renouvelables ne peuvent pas remplacer les énergies fossiles font une double erreur: premièrement nous n'avons pas d'autre choix, il va falloir se passer des énergies fossiles, tôt ou tard; deuxièmement de très nombreuses réalisations prouvent que les énergies renouvelables fonctionnent bien que pour le moment elles soient plus coûteuses que les énergies fossiles.

C'est cette augmentation de coût, au moins sur le court et moyen terme qui représente le défi. Pour la compenser il est nécessaire d'augmenter l'efficacité des utilisations énergétiques. Pour cela les solutions technologiques existent aussi, il reste à les appliquer.

La relance de la croissance ne peut donc pas se faire sans des investissements importants dans les énergies renouvelables et l'efficacité énergétique. Cependant comme le coût actuel de ces solutions est supérieur au pillage des ressources fossiles accumulées sur terre au cours d'un milliard d'années, il est indispensable que la fiscalité permette d'accompagner cette transition.

La fiscalité est le seul levier accessible aux politiques locales pour favoriser cette transition, puisque l'endettement souverain est désormais devenu insoutenable. Cette fiscalité pourrait prendre la forme d'une taxe sur les émissions de gaz à effet de serre, permettant de faire d'une pierre deux coups en apportant une solution à la fois au problème de croissance et à celui du réchauffement climatique qui aura des conséquences importantes à un peu plus long terme mais qu'il serait bon de tempérer dès aujourd'hui pour mitiger une crise future elle aussi devenue inévitable.

Cependant cette seule mesure fiscale serait insuffisante compte tenu du défi à court terme pour nos économies. Pour développer ces énergies renouvelables il va falloir donner des garanties sur le maintien à long terme de ces mesures, un engagement politique irréversible afin que les investisseurs puissent avoir confiance et que l'on puisse démontrer la rentabilité à court terme des énergies renouvelables. Cette rentabilité pourra alors mobiliser les capacités de création de masse monétaire du système bancaire qui retrouverait alors une sources de revenus saine, non spéculative.

Le caractère irréversible de ces mesures d'incitation fiscales est fondamental. Dans le cas contraire le risque d'investissement serait trop important et les banques ne pourrait pas créer la masse monétaire souhaitable pour une adoption rapide des énergies renouvelables. La récente annulation des tarifs de rachat avantageux de l'électricité solaire nuit aux investissement futurs dans ce secteur y compris en cas de reprise de ces aides par un prochain gouvernement.

Les bénéfices d'une telle politique sont multiples: diminution de la facture énergétique donc génération de croissance interne réelle; création d'une large gamme d'emplois locaux qualifié et non-qualifié. Je n'inclus pas volontairement de recettes fiscales car il me semble indispensable que ce secteur reste au contraire subventionné pour une période d'au moins vingt années qui permettront à ces industries nouvelles d'abaisser les coûts de fabrication et de maintenance de ces infrastructures.

Ces subventions devraient prendre la forme d'exonération de TVA, d'impôts sur les sociétés et plus-values, ainsi que de réductions de charges sociales, mais aussi du bénéfice de l'intégralité des taxes sur les importations et produits polluants.

Il est important aussi de noter que cette création de masse monétaire n'augmenterait pas les dettes souveraines, dans le cas ou la rentabilité de ces investissement serait réellement garanti par le caractère irréversible des mesures fiscales précités. Ainsi une croissance réelle pourrait enfin nous permettre de sortir du cercle vicieux engendré par la croissance soutenue uniquement par l'augmentation des dettes souveraines.

Dans la même ligne il est indispensable de mettre en place une politique volontaire de préservation des ressources minières ainsi que des terres arables, de l'eau, des forêts. Les mêmes principes d'incitation fiscale peuvent être appliqués, par un transfert de rentabilité depuis les consommations non-renouvelables, ainsi que les pratiques destructrices, vers des consommations renouvelables grâce au recyclage, la réutilisation ainsi qu'une diminution des consommations superflues qui génèrent une croissance artificielle mais aucun bien-être induit.

Même dans un monde idéal où toutes les ressources minières seraient recyclées à 100%, il faudrait encore partager leur quantité limitée entre tous les humains car si certains s'en accaparaient une trop grande part, les autres connaîtraient un plafond de leur développement borné par ces ressources limitées. Cet élément devra être pris en compte par les politiques futures pour que le développement des pays les plus pauvres puisse enfin devenir possible.

Les solutions réalistes existent donc pour une sortie de crise durable sans avoir recours à des dettes souveraines additionnelles, il reste a le faire comprendre à tous y compris à la classe politique qui détient le pouvoir de mettre en place cette politique.

L' Hypercrise, ses vraies causes et les solutions pour en sortir durablement.

A l'heure ou des mouvement d'indignés se développent dans toutes les grandes villes des pays riches, il me semble que les causes des crises que nous traversons n'ont pas été correctement analysés tant par les élites qui sont en charge de les juguler que par ces mouvements citoyens qui ont pris conscience qu'il y a quelque chose de pourri aux royaume de l'économie mondiale.

Ainsi je propose de faire un retour en arrière pour découvrir les vraies causes de ces crises à répétition depuis maintenant près de 40 ans et le premier "choc pétrolier" de 1973.

Lorsqu'une ressource non-renouvelable, comme le pétrole, le cuivre, est exploitée, son coût dépend de la difficulté de son extraction. Au fur et à mesure que la ressource est exploitée, son coût d'extraction augmente, jusqu'à devenir plus élevé que le cours du marché, l'extraction devient non rentable et doit cesser.

Le boom économique des deux derniers siècles est dû à la révolution scientifique qui à permis l'extraction et l'utilisation de ces ressources. Cependant sans ressource utilisable, la révolution scientifique ne peut rien créer dans le monde matériel, les deux sont étroitement liées et la croissance mondiale en dépend. Tant que la croissance de l'extraction des ressources peut continuer, la croissance du PIB peut continuer.

Au cours des deux derniers siècles, au fur et à mesure que la croissance a produit ses bienfaits pour l'humanité, cette dernière est passée d'environ 1 milliards d'habitants (en 1800) à 7 milliards aujourd'hui. Cette explosion démographique sans précédent combinée à la croissance de l'utilisation des ressources par habitant entraîne une dégradation exponentielle des ressources disponibles et une augmentation de leur coût.

Pour le grand public cela devient visible pour la première fois en 1973 avec le premier "choc pétrolier", mais le phénomène à commencé un peu avant. Alors que la croissance annuelle mondiale était de moins de 0,5% avant 1800 et la révolution industrielle, elle augmente pour atteindre un maximum de 5.89% entre 1960 et 1965 (voir tableau de données et sources) calculé à partir de l'étude en Dollars constants de 1990 de J. Bradford DeLong du Department of Economics, U.C. Berkeley du 24/5/1998.
 
Depuis 1965 la tendance de croissance mondiale est donc très clairement baissière, y compris en dehors des périodes de crise, alors même que la mondialisation permet à de grands pays comme la Chine et l'Inde de croître à leur tour rapidement mais sans compenser les baisses de croissance dans les pays développés.

Dans le même temps la recherche scientifique et les technologies se sont développées de façon fulgurante.

La baisse de la croissance mondiale depuis 1965 ne peut pas s'expliquer par un ralentissement de la liberté des échanges sur les marchés mondiaux. Bien au contraire, la mondialisation a permis de libérer le marché mondial en contournant les lois sociales et autres régulations nationales et dans bien des cas en contraignant les états à assouplir les règles entravant la libre circulation des biens, des services et des devises.

Cette mondialisation en abaissant les coûts de production industriels est venu soutenir la croissance mondiale même si dans le même temps elle a causé une contraction du secteur industriel dans les pays développés qui a forcé, ou permis selon les opinions, l’essor du secteur tertiaire.

Jamais le monde n'avait connu une telle liberté financière et d'affaire internationale.

De plus les pays développés se sont endettés un peu plus chaque année pour soutenir cette croissance mondiale qui n'a pourtant jamais retrouvé sa vigueur d'avant 1965.

Dans cette période, la population mondiale a continuée à croître bien que son rythme de croissance ait ralenti lui aussi a partir du milieu des années 60 (source). On pourrait donc être tenté de penser que la baisse de la croissance du PIB mondial soit causée par le ralentissement de la croissance de la population mondiale.

Cependant à y regarder de plus prêt on constate que la croissance de la population mondiale qui était de 2,2% en 1963 à été ramenée à 1,25% en rythme annuel en 2000. Cette baise de 0;95% ne saurait expliquer à elle seule la baisse de croissance du PIB de 1,85% en moyenne chaque année sur la même période si on considère la progression des autres macro-facteurs de croissance précités.

Si un lien entre croissance démographique et croissance du PIB était établi, le lien de causalité serait probablement inversé. En effet, c'est clairement la croissance mondiale qui depuis 1800 avait permis l'augmentation de la croissance de la population mondiale, il serait donc pensable que ce soit la baisse de la croissance du PIB qui puisse être la cause de la baisse de la croissance de population et non le contraire.

Si la terre avait disposée de plus de ressources n'aurait-elle pas probablement permis de poursuivre la croissance de la population mondiale plus longtemps ainsi que celle du PIB?

Tous ces indicateurs à la hausse (population, technologie, libéralisation des marchés, endettement des états) auraient dû permettre de maintenir la croissance mondiale et plus probablement l'accélérer. Ce n'est donc ni la faute de croissance de la population, ni des technologies, ni du libéralisme économique, ni le manque de stimulation par les états qui peut être responsable de la baisse de croissance enregistrée depuis 1965. La seule cause possible est l'augmentation du coût des ressources due à leur raréfaction progressive.

L'augmentation du coût moyen de l'ensemble des ressources freine la croissance. Les entreprises ne peuvent plus croître aussi rapidement et ralentissent leurs investissements au fur et à mesure que la croissance de leurs revenus s'affaiblie.

Alors que la croissance des investissements des entreprises est désormais plafonnée par les ressources, les banques se trouvent à leur tour confrontées à une baisse de croissance des prêts et en conséquence voient les revenus d'intérêts progresser plus faiblement.

Idem pour les investissements en capital par les banques d'investissement, comme Lehman Brothers, dans les entreprises qui ne progressent plus autant qu'avant.

A ce stade il est nécessaire de clarifier le rôle des banques dans l'économie. Les banques ne sont pas des entreprises comme les autres, car elle ont le pouvoir de créer de la masse monétaire avec chaque prêt octroyé. Ce sont les états qui délèguent ainsi la gestion du risque de défaut de remboursement des prêts. Ainsi pour créer une banque, il ne suffit pas de le décider, l'autorisation d'exercer cette activité est soumise à un agrément de l'autorité financière de l'état. En cas de défaillance d'une banque l'ensemble des citoyens sont les garants en dernier ressort par l'intermédiaire de leurs états et de leurs impôts.

A partir de 2003, afin de compenser ces pertes de croissance, pour satisfaire leurs actionnaires désirant eux aussi une augmentation de leur capital investi, mais aussi à cause d'une concurrence acharnée entre les banques, celles-ci relaxent les conditions d'obtention de prêts immobiliers aux particuliers dans un contexte politique permissif ne contrôlant que trop peu la gestion du risque par des états faisant entièrement confiance à leur système bancaire délégué.

Cependant les banques, dans leur compétition vers toujours plus de croissance viennent de trahir cette confiance sans qu'aucun signe ne transparaisse si ce n'est une exubérance douteuse des prix de l'immobilier.

Les banques prêtent désormais sans apport, à des taux trop faibles, ne s'assurant pas convenablement de la capacité des emprunteurs à rembourser. Cette relaxe a pour effet de relancer un peu la croissance mondiale avec des répercutions vertueuses sur tous les secteurs de l'économie mondiale, permettant une croissance des revenus fiscaux des états qui peuvent alors continuer à s'endetter sans affaiblir les deux ratios clé: dette sur PIB d'une part et déficit sur ressource budgétaire d'autre part.

Cependant, a partir de début 2007 un jeune ménage désireux d'accéder à la propriété modestement aurait dû faire un emprunt sur 40 ans si les conditions traditionnelles d'obtention de prêt avait été maintenues. Ce déséquilibre entre le prix de l'offre et la capacité réelle d'achat est le principal signe qu'une bulle immobilière est présente et que son explosion n'est plus qu'une question de mois.

La suite est bien connue, après quelques années de généralisation de ces pratiques à haut risque et l'incroyable bulle immobilière qu'elle à créée, les prêts commencent à faire défaut finissant par entraîner la faillite de Lehman Brothers, la baisse du marché de l'immobilier mondial, des revenus fiscaux puis la quasi-faillite d'états entiers sauvés in extremis par des annulations de dette adossées à des plans d'austérité.

Cette crise prend donc sa vraie source dans la raréfaction des ressources, de l'incapacité de notre économie à s'affranchir des ressources fossiles et minières non-renouvelables accompagnée d'une fuite en avant pour maintenir sous perfusion une croissance devenue impossible.

Cependant les solutions adoptées par les états et la finance mondiale semble ignorer cette cause. Toute l'économie est basée sur des ressources condamnées à disparaître et pourtant aucun gouvernement ne semble prendre cela en considération.

Les plans de sauvetages actuels sont basées sur la "croyance" en une croissance à venir. Hors cette croissance, basée sur l'exploitation sans cesse croissante de ressources finies, ne peut plus avoir lieu. Elle ne sera pas car dès que l'économie sortirait de son anémie, elle entraînerait inévitablement un rebond de la demande dans des ressources décroissantes et dont le prix ne cessera pas d'augmenter. Ainsi la croissance sera a nouveau plafonnée par des ressources décroissantes. Même si la croissance mondiale ne revenait pas rapidement, la baisse des ressources finirait au bout de quelques années à forcer la croissance encore plus bas jusqu'à forcer le monde dans un état de décroissance bornée par la décroissance des ressources non-renouvelables.

Nous sommes donc un peu comme dans un cauchemar, enfermés dans une pièce dont le plafond descendrait inexorablement.

Pour cette raison, il faut donc s'attendre à une nouvelle crise, une troisième après celles de 2008 et 2011. Cette nouvelle crise touchera tous les états endettés en par ricochet l'ensemble des économies mondiales. Il n'y aura pas de super état pour sauver les états. Les réserves de la Chine et de l'Inde en Dollars et Euros sont bien trop faibles pour supporter la faillite de l'ensemble des pays du G8 incapable de rembourser leurs dettes alors que leurs recettes fiscales diminuent.

C'est pour cela que je qualifie la crise dans laquelle nous nous trouvons d'Hypercrise. C'est crise remet en question certains des fondements de l'économie que l'on croyaient solides après la chute du communisme il y a une vingtaine d'années.

Dans le prochain billet je parlerais des solutions pour sortir de l'Hypercrise. Ces solutions sont bien évidemment basées sur la compréhension de la vraie source des crises récentes mais devra aussi tenir compte des autres défis du 21ème siècle dont les prémisses sont dors et déjà prévisibles comme celle des ressources qui se renouvellent à un rythme inférieur au rythme actuel d'exploitation (eau potable, terre arables, ressource halieutique) et des effets désastreux sur l'ensemble de la population mondiale d'une politique dont la vision à court-terme interdit d'anticiper et d'infléchir les effets négatifs à long terme de notre formidable succès scientifique, technologique et économique.

Je pense qu'il n'est peut-être pas trop tard pour que ces solutions puissent éviter le pire chaos qui provoquerait une réduction brutale de la population mondiale par des mécanismes que je n'ose décrire tant ils sont imprévisibles. Cette réduction s'accompagnant d'une décroissance non choisie et non maîtrisée par des états sans cesse en retard d'une crise.

Pourquoi l'inflation en Chine, quelles conséquences?

Depuis des années la Chine maintient sa devise à un taux de change artificiellement bas par rapport au Dollar en particulier.

Dans le même temps la Chine à accumulé des réserves en Dollars sans cesse croissante et le déficit commercial de la plupart des pays occidentaux vis-à-vis de la Chine c'est accru.

De nombreux économistes ont demandé à ce que la Chine réévalue sa monnaie, et plus récemment la réserve fédérale américaine a laissé glisser le Dollar face aux autres devises pour redevenir compétitive. Cela à permis aux Etats-Unis de retrouver une croissance plus saine, au détriment de la zone Euro qui s'enfonce dans les déficits budgétaires et les dettes excessives.

Ce déséquilibre devait céder tôt ou tard, mais ce qui n'était pas prévu c'est que cela se fasse de l'intérieur de la Chine. En effet l'inflation Chinoise est la réponse des entreprises et des salariés à une trop forte demande pour des produits trop bons marché et des compétences se faisant plus rares donc plus chères.

C'est en quelque sorte, dans la continuité du printemps Arabe, une révolution populaire contre le maintient artificiel dans la pauvreté par le gouvernement Chinois.

Les conséquences sont multiples: les Chinois vont enfin accéder à la richesse qui leur permettra d'accéder à la société de consommation mondiale; le reste du monde va pouvoir retrouver de la croissance alors que la croissance Chinoise va ralentir. Dans le même temps la pression sur les matières premières et les énergies fossiles va s'accentuer, se traduisant par des hausse mondiales notamment du prix du pétrole, et le solaire et l'éolien deviendront plus compétitifs.

En conclusion, contrairement à ce que pense pas mal d'économistes en ce moment, je pense que cette inflation est une excellente nouvelle pour le monde.

Quelle différence y-a-t'il entre #Kadhafi et un #Tsunami?

Les deux sont là pour nous rappeler qu'il y à des dangers dans la nature, qu'il faut s'en prémunir autant que possible, et qu'il faut stopper leurs dégâts au plus vite.

Kadhafi est une catastrophe naturelle et il faut le traiter comme tel, sans passion, mais avec détermination.

Les hommes ne sont pas plus méchants que la nature est méchante. La méchanceté est une illusion humaine, inventée ou entretenue par les religions pour nous faire croire que l'homme est différent de la nature dont il est le produit.

La méchanceté et autres catastrophes naturelles sont là pour nous obliger à progresser, à découvrir les lois de la nature, et mieux comprendre l'univers dans lequel nous vivons.

Les nations unies, et la Russie en particulier, doivent arrêter de tourner autour du problème. Kadhafi est le problème et la solution est de le faire partir. Il ne partira pas tout seul, et plus on attend, plus sa présence fait de victimes. La solution politique à cette crise est une illusion dont le magicien est Kadhafi lui-même.

Il n'y aurait pas besoin d'intervention militaire si nous n'avions pas vendu à la Libye autant d'armes. C'est pour cela que l'intervention est nécessaire et qu'il est de la responsabilité des vendeurs d'armes de soutenir cette action. Je suis donc favorable à une intervention sur le terrain, avec des troupes au sol, pour précipiter le départ de ce régime sanguinaire, suivit d'un retrait quasi-immédiat pour laisser la place au processus démocratique demandé par le peuple Libyen.

Bavure de l'armée américaine, 2007 en Iraq

Les deux vidéos sur YouTube, faites vous votre opinion:

L'article du Figaro:

La source Wikileak à qui on doit la révélation, où quand l'internet défend les vrai valeurs démocratiques:

La référence dans le blog de Jean-Hugues qui m'a fait connaitre cette affaire:

Mon commentaire:
Le nombre de problèmes que soulèvent cette vidéo est incroyable et insupportable:
- Règles d'engagement ridiculisées
- Mensonges en pagaille
- Incapacité à différentier une caméra d'un RPG (lance grenades) malgré des moyens techniques de pointe
- Description précise des armes alors que justement elles ne sont pas identifiables
- Tir sur des civils très visiblement non armés, au moins pour la plupart d'entre eux
- Tir sur un groupe d'individu très visiblement non hostiles, même s'ils sont présumés armés
- Précipitation dans la prise de décision, aucune tentative de vérification n'est faite alors que rien ne semble presser
- Aucune sommation
- Aucune tentative d'arrestation, on tire, on tue c'est tout
- Manque de respect de la personne humaine, sans lequel rien de tout cela ne serait possible
- On tire sur une deuxième groupe de gens très visiblement non armés qui tentent de venir au secours des blessés, ce n'est rien d'autre qu'un meurtre, et très certainement contraire à la convention de Genève
- On couvre l'affaire avec des mensonges
- On refuse de divulguer les pièces à conviction, en particulier cette vidéo
- Et on n'indemnise surtout pas les familles des victimes

Cela est la preuve indiscutable et terminale qu'on ne peut pas faire confiance à l'armée pour enquêter sur ces propres actions et surtout pas sur ses erreurs et bavures. D'ailleurs c'est pour cela qu'on a séparé les pouvoirs dans le civil. Sans séparation des pouvoirs, point de salut.

Le besoin de certitude l’emporte sur le désir de vérité.

Lorsqu’un crime est commis, le public se satisfait plus facilement d’une condamnation avec des preuves insuffisantes que de l’absence de condamnation.

La méthode scientifique au contraire demande à rechercher la vérité et à reconnaître ses échecs lorsqu’on ne dispose pas de preuves suffisantes. Certaines de ces vérités dérangent notre nature humaine en particulier lorsqu’elles contredisent les vérités du passé qui étaient le fruit du besoin de certitude.

Le plus bel exemple actuel est le mouvement créationniste qui semble réunir des groupes d’individus de toutes les religions contre la science remettant en question toutes les découvertes des fouilles archéologiques, la physique nucléaire utilisée pour la datation des fossiles, la génétique, etc.

Le problème de l’évolution est qu’elle est très difficile à réconcilier avec la genèse telle qu’elle avait été imaginée il y à environ 4000 ans. Cette genèse inscrite en dur dans les trois livres saints avec quelques variations s’est transformée au fil des millénaires en monstre sacré de la vérité immuable.

Les religieux progressistes interprètent désormais la genèse comme l’idée de la création divine de l’univers mais réfute toute interprétation littérale du texte permettant de réconcilier la science avec la question divine.

Il n’en reste pas moins que par contrecoup on remette en question l’ensemble des interprétation littérales des toutes les parties des livres saints et que désormais de nombreuses questions soient réouvertes.

Toutes ces questions réouvertes déstabilisent notre besoin de certitudes et provoquent des tensions, des débats passionnés (par opposition à raisonnés et ouverts), débouchant sur un profond malaise.

L’application des sciences à tous les domaines de l’activité humaine touche l’ensemble des religions, les obligeants à se repositionner au delà des limites de la science.

En attendant ce repositionnement des religions, la tendance la plus notable est le recul de la pratique religieuse dans le monde entier. Même si de nombreuses personnes croient encore en un Dieu, elles se reconnaissent de moins en moins ni dans la religion qui leur à été enseignée dans leur enfance, ni dans une autre religion.

Aux USA, le pays le plus religieux du monde occidental, la religion est en perte de vitesse bien que certains groupes religieux soient en progression, 15% des américains se disent désormais non-religieux:
http://www.washingtonpost.com/wp-dyn/content/article/2009/03/08/AR2009030801967.html?hpid=moreheadlines
http://www.csmonitor.com/2002/1010/p12s01-lire.html

L'âme est la différence entre le tout et la somme des parties.

Nous avons appris (et admis) que "Le tout est supérieur à la somme des parties". Cette citation parfois attribuée à Aristote comporte des sens cachés. En effet si le tout est supérieur à la sommes des parties, on peut se demander ce qu'est ce petit plus ajouté à la somme des parties et ce que cette différence signifie.

Certains disent que le tout et les parties ne peuvent pas être comparées car ils sont de nature différente. Cependant cette différence implique une création de valeur non comprise dans les parties.

Si on regarde les caractéristiques de cette différence on constate tout d'abord que cette différence n'a pas de masse, ce n'est que l'information de l'assemblage des parties d'une manière particulière. Si on assemble les mêmes parties de façon différente, même très peu différente, on obtient un tout différent et unique.

Après la mort du tout, ou sa désintégration, il subsiste toujours de l'information témoignant l'existence de ce tout. Cette information se dissoudra avec le temps mais il restera toujours quelque chose.

On peut donc déduire que la différence entre le tout et la somme des parties est une sorte d'âme, immatérielle et éternelle mais pas constante.

Cette âme on la retrouve partout qu'il s'agisse de l'univers tout entier, d'un être vivant, ou d'un atome. Cette âme nous met à égalité avec non seulement les autres être vivants mais aussi "les objets inanimés" qui possèdent donc eux aussi une âme.

Les atomes sont eux mêmes constitués de particules qui, si nous pouvions voir plus finement, sont probablement elle aussi constituées de particules encore plus petites. Toutes les interactions entre ces particules se font par des ondes électromagnétiques, elles aussi sans masse, transportant de l'information d'un tout à un autre. La masse elle même est aussi une information qu'échangent des particules entre elles pour se rapprocher et former les objets célestes. On sait aussi depuis Einstein qu'il existe une équivalence stricte en masse et énergie.

Ainsi on peut imaginer que si nous pouvions voir l'infiniment petit, tout ne serait probablement qu'information et que l'univers ne serait qu'un gigantesque système d'information.

Cette définition d'une âme n'exclus pas la possibilité d'un créateur du système d'information mais elle peut nous aider à comprendre bien des choses que n'expliquent pas la plupart des religions qui nous sont proposées. Par exemple ces âmes n'ont besoin ni de paradis, ni d'enfer, et elles ne sont pas jugées par leur créateur.

Tolérance (juridique) = Censure

La tolérance juridique consiste à ne pas appliquer un règlement ou une loi de façon partielle ou totale.

 A première vue ont vous fait une faveur et les états ont pris pour habitude d'y avoir recours dès que la loi est inadaptée, obsolète ou tout simplement injuste.

 Il en découle que chacun d'entre-nous enfreint un certains nombre de lois et règlements, souvent sans le savoir, et dans d'autre cas simplement en considérant que la tolérance est "normale".

 Cela fonctionne très bien jusqu'au jour ou vous vous opposez à l'autorité, en parole ou pire encore par écrit. Ce jour là les tolérances disparaissent ou plus exactement menacent de disparaître de manière à vous mettre au silence.

 La tolérance est donc l'instrument gouvernemental de ce qu'on appelle à tort l'auto-censure.

 Cette tolérance existe aussi dans le milieu professionnel bien sur.

 N'acceptez donc plus ces petits cadeaux, ces tolérances, si la loi ou le règlement est mauvais battez-vous pour le faire changer.

La religion c'est bien, .... ça évite de se poser trop de questions.

Quel est l'avantage évolutionniste de la religion?

 Quand on a les réponses, on n'a pas besoin des questions.

 Quand on ne se pose pas de question, on peut agir, sans chercher à comprendre pourquoi.

 Quand on agit, on avance, on gagne, pas besoin de savoir pourquoi.

 Quand on agit, on a pas besoin de penser, pas besoin de se poser des questions, donc on peut continuer à agir.

 Le meilleur remède contre la dépression, c'est aussi l'action, car quand on agit, le cerveau est occupé à faire autre chose que de se poser des questions existentialistes.

 L'existentialisme est une espèce en voie de disparition.

 Comment survit-on à ses questions sans réponse?